Un emballage optimisé ne consiste pas à ajouter plus de carton ou plus de calage. Il consiste à adapter le format, la résistance, le calage et la fermeture au produit expédié et au trajet prévu.
Pour un professionnel, cette approche aide à limiter la casse, réduire le vide, mieux maîtriser le poids volumétrique et éviter les coûts liés à un emballage mal dimensionné.
Dans le podcast Voxlog x RAJA consacré à l’optimisation de l’emballage, Michel Duquesne s’appuie sur plusieurs situations observées dans le réseau Mail Boxes Etc. : les manipulations d’un colis international, l’espace de calage autour du produit, le passage progressif vers l’adhésif kraft, l’usage de calages carton et la réutilisation de matière via un matelasseur. Ces exemples montrent que l’optimisation ne se joue pas sur un seul élément, mais sur l’ensemble du colis.
Un emballage n’est pas un simple contenant. Sa première mission est de protéger le produit pendant toute la durée du transport.
Cette protection dépend de plusieurs éléments : la fragilité de l’objet, son poids, sa forme, sa valeur, sa destination et les conditions du trajet. Un objet en céramique ne demande pas le même soin qu’une pièce métallique pleine. Un envoi local ne subit pas les mêmes contraintes qu’un envoi international.
Un point revient avec force : un colis expédié à l’international peut subir environ 10 manipulations avant d’arriver à destination. Enlèvement, passage en centre régional, national, européen ou international, tri, chargement, déchargement, livraison finale : chaque étape ajoute une contrainte. Le colis peut être déplacé, empilé, secoué ou exposé à des variations de température.
Un emballage doit donc être pensé pour ce qu’il va réellement subir. Il doit résister aux manipulations, maintenir le produit en place et limiter les mouvements internes.
Limiter la casse n’est pas seulement un enjeu de satisfaction client. C’est aussi un enjeu économique et environnemental. Un produit endommagé peut entraîner un retour, un remplacement, un nouvel envoi et des déchets supplémentaires.
Avant de réduire ou de remplacer un matériau, il faut donc identifier ce qui protège vraiment.
Le vide reste l’un des grands angles morts de l’emballage.
Un carton trop grand laisse davantage d’espace autour du produit. Mal géré, cet espace peut laisser le produit bouger pendant le transport. Trop rempli, il ajoute du calage, du poids et parfois du coût, sans améliorer la protection.
Beaucoup ont déjà reçu un petit objet dans un carton disproportionné. Michel Duquesne prend l’exemple d’une carte cadeau livrée dans un carton d’environ 30 cm. L’écart entre le produit et l’emballage suffit à poser le problème : plus de volume transporté, sans gain évident pour la protection.
Ce sujet dépasse l’anecdote. L’ADEME, l’Agence de la transition écologique, estime que les colis du e-commerce contiennent en moyenne 50 % de vide. Elle indique qu’un meilleur ajustement entre le contenant et le contenu peut réduire la quantité d’emballage produite, le volume transporté et le nombre de trajets nécessaires.
Pour un professionnel, le vide a aussi un impact économique. Dans de nombreux cas, le coût d’expédition ne dépend pas seulement du poids réel du colis. Il peut aussi dépendre de son poids volumétrique.
Le poids volumétrique est un calcul basé sur les dimensions du colis. Autrement dit, un petit objet placé dans un emballage disproportionné peut coûter plus cher à expédier qu’un colis mieux ajusté.
Moins de vide, c’est moins de calage inutile, moins de volume transporté et, souvent, un poids volumétrique mieux maîtrisé.
Repère pratique : dans l’échange, Mail Boxes Etc. évoque une distance d’environ 5 cm de calage entre l’objet et les parois du carton. L’objectif : laisser assez de calage pour protéger, sans créer un colis disproportionné.
Réduire le vide ne veut donc pas dire protéger moins. Optimiser l’emballage, c’est supprimer ce qui prend de la place sans jouer de rôle utile.
Le bon carton dépend du produit, du trajet et du niveau de risque.
Pour certains colis, notamment lorsqu’ils sont fragiles, lourds ou destinés à l’international, la qualité du carton reste essentielle. Celui-ci doit résister aux manipulations, aux conditions du transport et aux variations rencontrées pendant l’expédition. Un carton déjà utilisé peut aussi avoir perdu en rigidité. Il ne garantit donc pas toujours le même niveau de protection.
Ce point nuance une idée souvent trop simple autour du réemploi. Réutiliser un carton peut avoir du sens. Réutiliser un carton abîmé, déformé ou moins rigide pour un objet fragile peut, au contraire, augmenter le risque de casse. Le même raisonnement vaut pour un trajet long ou international.
Dans le réseau Mail Boxes Etc. en France, certains choix d’emballage s’appuient notamment sur les solutions fournies par RAJA. Pour les envois plus exposés, les Centres s’appuient notamment sur des cartons double cannelure. Ils sont adaptés aux colis lourds, fragiles ou soumis à de nombreuses manipulations.
Dans un carton double cannelure, deux couches ondulées sont placées entre plusieurs feuilles de papier.
Le niveau de solidité du carton doit donc être choisi selon l’envoi : produit fragile, trajet long, manipulations nombreuses ou poids important.
Un colis ne tient pas seulement par son carton extérieur. Le calage et la fermeture jouent aussi un rôle central.
Le calage sert à immobiliser le produit. Il absorbe certains chocs et évite les contacts directs avec les parois du colis. Mais tous les produits ne demandent pas la même protection interne. Une bouteille, un objet en céramique, une pièce dense ou un produit de forme irrégulière nécessitent des choix différents.
Les pratiques évoluent sur ce point. Le remplacement progressif de certains calages plastiques par des solutions de calage carton. Sont notamment cités le film bulle, le film mousse et les poches d’air côté plastique. La frisure et les alvéoles carton font partie des alternatives mises en avant, lorsque l’usage le permet.
La fermeture du colis suit la même logique. L’adhésif polypropylène a longtemps été très utilisé. Aujourd’hui, Mail Boxes Etc. encourage davantage l’usage d’adhésif kraft auprès de son réseau.
Autre signal concret : environ 80 % des adhésifs achetés auprès de RAJA par le réseau Mail Boxes Etc. en France sont aujourd’hui des adhésifs kraft. Le chiffre n’efface pas la marge de progression restante. Il donne surtout un signal concret : les pratiques évoluent déjà dans la grande majorité du réseau.
Lorsque le carton, le calage et l’adhésif relèvent principalement de la même famille de matériaux, le recyclage peut être facilité. C’est l’un des intérêts du passage progressif vers l’adhésif kraft et certains calages carton : rendre le colis plus cohérent dans sa composition, lorsque l’usage le permet.
Un colis tient par l’ensemble : carton, calage, fermeture. Si l’un des trois est mal choisi, la protection perd en efficacité.
Parler d’emballage plus responsable ne revient pas seulement à choisir un matériau “vert”. La question se joue aussi dans l’usage : que devient l’emballage après réception ? Peut-il être réemployé ? Recyclé plus facilement ? Transformé pour servir à autre chose ?
C’est ici que la logique des 5R de l’emballage proposée par RAJA prend du sens : réduire, réutiliser, remplacer, renouveler et recycler. Ces leviers prolongent directement les choix évoqués plus haut. Un colis mieux dimensionné et mieux calé s’inscrit plus facilement dans une logique de réduction du vide. Des matériaux cohérents facilitent aussi le réemploi ou le recyclage.
Le sujet s’inscrit aussi dans un contexte réglementaire plus exigeant. Le règlement européen UE 2025/40 sur les emballages et les déchets d’emballages renforce les attentes liées à la durabilité, à l’étiquetage et à la gestion des emballages sur leur cycle de vie.
Le réemploi doit pourtant être regardé avec nuance. Un carton peut être réutilisé s’il conserve sa rigidité et sa capacité de protection. Mais après un trajet long, plusieurs manipulations ou des variations de température, il peut être trop abîmé pour repartir dans de bonnes conditions.
L’exemple du vin illustre bien cette limite.
Mail Boxes Etc. accompagne notamment des clients pour l’expédition de vin et d’alcool en France, en Europe et à l’international. Lorsqu’un Centre récupère des bouteilles chez un producteur, il peut aussi récupérer les cartons ou alvéoles d’origine.
Ces emballages sont utiles pour la collecte. Mais pour une expédition plus exigeante, ils ne répondent pas toujours aux critères des partenaires transporteurs.
Certains Centres utilisent alors un matelasseur. Cette machine déchiquette les cartons pour les transformer en calage interne. Des emballages qui ne peuvent pas repartir tels quels peuvent ainsi servir à protéger d’autres marchandises, voire de nouveaux envois de bouteilles.
L’exemple évite une vision trop théorique du recyclage : un carton inutilisable pour expédier peut encore servir à protéger.
Les situations évoquées dans le podcast ramènent l’optimisation de l’emballage à des décisions très opérationnelles : choisir le bon carton, limiter le vide, adapter le calage, fermer correctement le colis, remplacer certains matériaux lorsque l’usage le permet.
C’est aussi là que le partenariat entre RAJA et Mail Boxes Etc. prend son sens. RAJA apporte des solutions d’emballage adaptées aux usages professionnels : cartons, adhésifs kraft, calages carton, supports de réduction, de réemploi et de recyclage. Mail Boxes Etc. apporte l’expérience terrain des expéditions : manipulations, contraintes transport, besoins clients, objets fragiles ou atypiques.
Protection, coût, impact matière : dans un colis, ces sujets ne se traitent pas séparément. Un emballage mal dimensionné peut protéger moins bien, coûter plus cher et consommer plus de matière.
Un bon emballage doit donc tenir ensemble trois exigences :
Dans cet extrait vidéo, Michel Duquesne revient sur cette approche terrain de l’emballage et sur la manière dont elle s’inscrit dans la collaboration entre RAJA et Mail Boxes Etc.
Extrait vidéo réalisé autour du podcast Voxlog x RAJA consacré à l’optimisation de l’emballage.
À l’arrivée, la question n’est donc pas de savoir s’il faut emballer plus ou moins. Elle est de comprendre ce qui protège vraiment le produit pendant le trajet : le bon format, le bon carton, le bon calage, la bonne fermeture. Le reste ajoute du volume, du poids ou de la matière, sans toujours améliorer la protection.